Du 18 au 20 septembre 2026, le Sanctuaire Notre-Dame de Yagma a accueilli la deuxième édition du Congrès, autour d’un appel adressé à la jeunesse chrétienne : se lever, se former et devenir actrice de la transformation du Burkina Faso.
YAGMA — Trois jours de formation, de prière, de réflexion et de partage ont réuni des jeunes autour d’une même préoccupation : comment vivre sa foi tout en devenant un acteur utile dans sa famille, son Église, son milieu professionnel et sa nation ?
Du 18 au 20 septembre, au Sanctuaire Notre-Dame de Yagma, les différentes interventions ont progressivement dessiné un même parcours : connaître sa vocation, découvrir son potentiel, rester connecté à Dieu, se préparer au combat, rechercher l’excellence et transformer ses capacités en actions concrètes.

De la nation à la responsabilité personnelle
C’est Evariste Kaboré, à travers son intervention intitulée « Ma nation, un projet de Dieu », qui a ouvert une réflexion sur la place du chrétien dans la transformation de la société.
Son message a invité les jeunes à dépasser une foi limitée aux espaces religieux. Le chrétien, selon l’enseignement présenté, est appelé à devenir un agent de transformation de son milieu.
L’intervention a notamment insisté sur la responsabilité collective, le bien commun et le rôle particulier de la jeunesse dans la restauration, la construction et l’élévation de la nation. Le Burkina Faso a ainsi été présenté comme une nation ayant un héritage et une vocation, tandis que les jeunes étaient invités à se demander non seulement ce que leur pays peut faire pour eux, mais également ce qu’ils peuvent apporter à leur pays.
Cette première étape a ainsi posé le décor : la foi ne doit pas éloigner le jeune de la société, mais l’envoyer au cœur de celle-ci pour y prendre ses responsabilités.

Mais pour transformer son environnement, encore faut-il savoir qui l’on est
C’est dans cette continuité que SIGUI Jacques Kaboré a conduit les participants sur le terrain du potentiel et du développement de soi.
Son intervention a placé la connaissance de soi au centre de la construction personnelle. Ressources, talents, capacités, limites, valeurs et aspirations constituent autant d’éléments que le jeune doit apprendre à connaître pour construire son avenir.
Une démarche en cinq étapes a particulièrement marqué cette réflexion : me voir, me comprendre, me gouverner, me développer et me déployer.
L’objectif n’était cependant pas de simplement découvrir ses talents. Le message a insisté sur la nécessité de développer puis de mobiliser ce potentiel.
Autrement dit, avoir une capacité ne suffit pas. Il faut la travailler, l’exercer et finalement l’utiliser au service d’une réalisation concrète. Le potentiel, rappelait l’enseignement, se révèle aussi dans l’action.
Le potentiel découvert doit ensuite être préparé au combat
La troisième étape du parcours a été consacrée au combat spirituel dans le monde professionnel, avec Dr Zaïda Justin.
Son message a déplacé la réflexion vers la préparation intérieure. Avant le combat, il faut se préparer : préparer ses arguments, ses outils, ses compétences, son esprit et surtout sa relation avec Dieu.
La fidélité quotidienne a été présentée comme une véritable préparation au combat : fidélité dans la prière, dans le service, dans le travail, dans les engagements et même lorsque personne ne regarde.
L’intervention a également insisté sur la nécessité de rester connecté au Christ, présenté comme la source de la fécondité chrétienne. Le message a appelé les jeunes à identifier ce qui peut rompre cette connexion et à travailler d’abord sur leur propre transformation avant de prétendre transformer leur environnement.
Une idée forte s’en dégage : l’impact extérieur doit être précédé d’une transformation intérieure.
Devenir compétent : l’autre dimension du témoignage chrétien
Avec Étienne Yameogo, le congrès a ensuite abordé la question de l’excellence académique et professionnelle.
Son intervention a remis en cause la séparation entre vie spirituelle et vie professionnelle. Le chrétien est appelé à rester le même dans l’Église, à l’école, à l’université, au bureau, dans les affaires ou dans l’administration.
L’excellence n’a donc pas été présentée comme une simple recherche de performance ou de réussite personnelle. Elle devient une responsabilité et un témoignage.
L’enseignement a particulièrement insisté sur la formation, la compétence, l’intégrité, la ponctualité, la rigueur, l’honnêteté et la qualité du travail. La compétence peut ouvrir des portes, mais le caractère et l’intégrité permettent de témoigner une fois ces portes franchies.
À travers les figures bibliques de Joseph et Daniel, l’intervention a également mis en avant l’idée que la compétence peut permettre au croyant d’exercer une influence dans les lieux de décision.
Et si toute cette préparation devait finalement conduire à la prière ?
Après avoir parlé de nation, de potentiel, de combat et d’excellence, SEOGO Gabin a ramené les participants au cœur de la vie chrétienne : la relation avec Dieu.
Dans son enseignement consacré à « La prière : relation avec Dieu, discernement et mise en mouvement », la prière n’a pas été présentée comme une simple pratique religieuse, mais comme une relation vivante avec le Seigneur.
Elle permet d’écouter, de discerner et de prendre des décisions. Elle nourrit la foi et conduit à l’action.
L’un des fils conducteurs de cette intervention peut se résumer ainsi :
PRIÈRE → ÉCOUTE → DISCERNEMENT → DÉCISION → ACTION → MISSION.
La prière ne serait donc pas une fuite devant les réalités du monde. Elle prépare au contraire le croyant à y entrer avec discernement et à y agir.
Une parole de modèle : le parcours de Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga
Le congrès a également été marqué par le témoignage de Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga, qui a partagé son parcours avec les jeunes.
À travers son expérience, elle s’est présentée comme un exemple de parcours pouvant inspirer la jeunesse, tout en rappelant une dimension essentielle : la réussite et le rang social ne doivent pas conduire à se déconnecter de Dieu.
Son témoignage a ainsi rejoint le fil conducteur général du congrès : les compétences, les responsabilités et les réussites humaines peuvent prendre tout leur sens lorsqu’elles restent enracinées dans une relation avec Dieu.
Deux carrefours pour passer de la réflexion à la pratique
Le congrès ne s’est pas limité aux conférences. Deux carrefours ont permis d’élargir les échanges et de rapprocher les enseignements des réalités quotidiennes.
Le premier, consacré à l’entrepreneuriat, a été animé par Joël Kombelem et Euloge Tapsoa. Les échanges ont invité les jeunes à considérer l’entrepreneuriat comme une voie possible de création de valeur, d’initiative et de responsabilité.
Le second carrefour a porté sur la santé mentale, avec Dr Alphonse Nikiema, psychiatre.
Les échanges ont mis l’accent sur le bien-être physique, moral et psychologique, ainsi que sur l’importance de reconnaître certains signaux pouvant alerter sur l’existence de troubles mentaux.
Cette dimension a apporté un équilibre important au programme : construire sa vie spirituelle, développer ses compétences et entreprendre supposent également de prendre soin de son être humain dans sa globalité.
Un même message derrière plusieurs interventions
Au terme de ces trois jours, les différentes interventions semblent converger vers une même dynamique.
Evariste Kaboré a posé la question de la responsabilité envers la nation.
SIGUI Jacques Kaboré a invité chacun à découvrir et développer son potentiel.
Dr Zaïda Justin a insisté sur la préparation, la fidélité et la connexion au Christ.
Étienne Yameogo a rappelé que la foi doit produire de la compétence, de l’excellence et de l’intégrité dans les études et la vie professionnelle.
SEOGO Gabin a replacé la prière, le discernement et la relation avec Dieu au cœur de cette dynamique.
Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga, à travers son parcours, a rappelé que la réussite et les responsabilités ne doivent pas faire perdre de vue Dieu.
Enfin, les deux carrefours ont permis de prolonger cette réflexion dans deux domaines très concrets : entreprendre et prendre soin de sa santé mentale.
De Yagma à la vie quotidienne : que reste-t-il après le Congrès ?
Le véritable enjeu d’un congrès ne se mesure pas seulement au nombre de participants ou à la qualité des interventions. Il se mesure aussi à ce qui se poursuit après la rencontre.
Les enseignements entendus à Yagma appellent les jeunes à retourner dans leurs familles, leurs écoles, leurs universités, leurs entreprises, leurs paroisses et leurs communautés avec une nouvelle vision.
La question n’est donc plus seulement : « Qu’ai-je reçu pendant ces trois jours ? »
Elle devient :
« Qu’est-ce que je vais faire de ce que j’ai reçu ? »
Le message de clôture prend alors tout son sens : se former, prier, développer ses talents, rester fidèle, servir, entreprendre, prendre soin de soi et mettre ses compétences au service des autres.
Car, comme le rappelle l’un des enseignements du congrès, le changement commence par une décision.
Un congrès qui appelle moins à rester spectateur qu’à devenir acteur
Du 18 au 20 septembre 2026, au Sanctuaire Notre-Dame de Yagma, le congrès aura ainsi proposé aux jeunes un parcours allant de la foi à la responsabilité, de la connaissance de soi à l’action, de la prière à la mission, et de la formation à l’engagement.
Une invitation qui pourrait finalement se résumer en une seule interrogation :
Si Dieu a déposé en chacun de nous un potentiel, une vocation et des talents, qu’allons-nous en faire pour notre Église, notre société et notre nation ?
La réponse, elle, ne se trouve plus uniquement à Yagma.
Rédacteur : Maxime Sawadogo pour www.rccuba.org



